Lavandou Mai 2026

Mis en avant

Il était 9h du matin
Ils avançaient sur l’autoroute
En minibus
Vincent le DP venait me chercher
Moi je pensais qu’il fonctionnait
Mon octopus…

Trêve de réécriture médiocre de tubes des années 70, je suis de corvée compte-rendu (privilège dû à mon retour à l’Essor, pensez-y avant de vous absenter trop longtemps), je ne vais pas me rajouter des contraintes stylistiques. Cette brève introduction vous aura néanmoins permis (j’espère) de reconnaître l’hymne du weekend choisi imposé par une minorité de plongeurs du minibus.

Plongeurs que nous avons retrouvés, nous les Essoreurs exilés de Grenoble, au camping du Lavandou pour un pique-nique partagé ensemble avant la première plongée du week-end.
Pour ce faire, nous nous dirigeons vers le port où nous rencontrons Vincent (à ne pas confondre avec Vincent A. notre DP du weekend ni Vincent B. notre plongeur pN3) qui nous fait découvrir son club 5 étoiles : vestiaires, douches et juste une dizaine de mètres à parcourir pour atteindre le zodiac et y déposer son bloc.
A bord de l’embarcation nous partons ensuite en direction de l’îlot de Bagaud pour plonger sur la pointe de Montremian (aussi appelée la piste de ski). Première complication pour moi, au moment de me mettre à l’eau : mon octopus fuse. Heureusement je suis encadrée par M. le DP à ma demande. Après deux ans de plongée dans les eaux réunionnaises avec des conditions “différentes” : 27°C, combinaison courte de 2 mm (oui oui ça existe), pas de lests, pas de gants etc etc, j’appréhende la “fraîcheur” méditerranéenne et la gestion de ma flottabilité avec un volume augmenté par les mm de combi.
Finalement tout se passe bien sous l’eau (bien qu’elle soit beaucoup trop froide à mon goût) et je retrouve avec plaisir la faune et la flore méditerranéenne : les castagnoles et la posidonie mais aussi de belles gorgones sur lesquelles sont accrochés de nombreux œufs de Roussette et je suis contente de trouver une jolie langouste pas farouche.

Tout le monde ressort heureux et nous rentrons au camping pour une soirée pizza avec supplément glaces savamment orchestrée par Coline et Yannick.

La météo est avec nous et nous pouvons nous régaler dehors sur les tables rassemblées dans le fond du camping où presque tous nos bungalows sont regroupés. Mon matériel par contre me réserve une nouvelle surprise : je découvre mon phare en pièces détachées, heureusement on m’en prête un (merci Sophie <3). L’ensemble du groupe retourne ensuite au port où la majorité d’entre nous va faire une plongée de nuit (avec un phare étanche c’est mieux). Un petit groupe d’encadrants dissidents reste néanmoins à terre et plus précisément en terrasse. Ce sera l’occasion pour nous d’écouter un savoureux débat vestimentaire : apparemment le combo T-shirt Essor-doudoune sans manches-bermuda-casquette n’est pas du goût de tous pour une soirée sur la Côte d’Azur. Faisant partie de la majorité plongeante, j’ai eu le plaisir de remettre mon épaisse combi mouillée pour une réimmersion en eau froide sur le site du Formigue (qui signifie “petit caillou qui sort de l’eau” en provençal – source : Fabio). Grâce au briefing clair de Vincent (du club) nous trouvons rapidement l’épave du Spahis avec mon binôme sous laquelle dorment deux beaux dentis. Ensuite c’est un festival. Partout où nos phares se promènent, la vie est là : pagures, spirographes, murènes, anémones, castagnoles réfugiées dans les anfractuosités, poulpe, calmar on admire !

Mais la fin de la plongée arrive et malgré le briefing clair, on ne sait plus trop où on est, près du Formigue c’est indéniable mais de quel côté ? On émerge contre la roche et le bateau est tout près ouf ! On remonte à bord et là nouvelle défaillance pour moi, l’octopus qui ne fusait plus (après une adaptation du serrage) a perdu son couvercle et sa membrane. J’emprunterai donc un détendeur complet pour le reste du weekend. Nous rentrons ensuite au camping à pied pour une véritable randonnée nocturne initiée par Vincent A. qui retiendra sûrement de ce weekend la fonction “trajet à pied” sur google maps.

Le lendemain matin nous profitons toujours de notre espace sur les tables partagées au soleil pour un superbe petit déjeuner, nos organisateurs nous régalent : pain complet, brioche, gâche vendéenne, confiture, fromage blanc, beurre demi-sel (tant pis pour les normands) etc etc. La journée commence bien et continuera superbement. D’abord parce que je n’ai plus de problème de matériel (il ne me restait plus grand chose certes mais ma stab, ma gopro et mon appareil ont survécu et c’est déjà pas mal). Ensuite, nous continuons à avoir des conditions idéales : du soleil et une mer calme. Notre départ en bateau est tout de même retardé en raison d’une perte de palanquée précoce : l’un de nos plongeurs a tellement apprécié les vestiaires qu’il y est resté enfermé, heureusement grâce à son binôme et aux baies vitrées du club il a été vite retrouvé. Nous avons alors pu partir vers le fameux site de la Gabinière. C’est une première pour moi et je découvre ce paradis des mérous avec Yannick, au bout de 10 minutes quand nous voyons notre dixième mérou et cinquième barracuda, on arrête d’un commun accord de se montrer les poissons. Ils sont partout : énormes mérous qui nous suivent, barracuda qui nous “survolent”, dentis un peu plus loin au large et puis… soudain, j’ai vu… passer les oies sauvages. Ah non encore cette chanson dans la tête. Non une énorme Sériole qui fend le banc de castagnoles. Pour les habitués, elle rivalise en taille avec le silure de Challières. Après ce sont encore des mérous, barracudas et dentis au milieu des bancs de castagnoles, sardines, anchois et sars qui s’entremêlent, ça ne s’arrête pas et on ne s’en lasse pas… Nous atteignons la calanque sombre puis remontons tous émerveillés sur le bateau.

Pas de retour au camping le midi, nous déjeunons sur le port et une fois de plus on se régale. L’après-midi nous retournons au Formigue, de jour c’est beaucoup plus simple de s’orienter : l’épave, la croix, la faille on a tout trouvé et même le bateau ! On ne voit pas de poulpe ni de calmar cette fois mais on trouve deux grosses araignées, une jolie murène dans l’épave et des bancs de gros corbs. On rentre au club puis au camping à pied sans détour et on finit la journée en apothéose avec un apéro préparé par Bruno qui nous a préparé un délicieux festin : cake maison, guacamole, punch légèrement dosé. Joëlle et Frédéric, essoreurs nouvellement exilés dans le sud se joignent à nous et après ce premier “presque repas” nous partons tous ensemble tester un autre restaurant du Lavandou.

De retour au camping on dit au revoir aux Loustau et bonne nuit à une grande partie des plongeurs, un petit groupe reste papoter sur la terrasse pour évoquer ses souvenirs de plongée et se dévouer “courageusement” à finir les glaces en cette dernière soirée. C’est l’occasion pour moi d’apprendre les dernières anecdotes Made in essor, je connaissais les vieux hits (comme la cagoule et le Togo) mais pas celui de la palanquée présidentielle qui remonte sur le mauvais bateau.

Une fois la glace finie, on file au lit, parce que le lendemain… on plonge (pour changer).

Cette fois nous sommes prévenus la météo ne nous est pas favorable “vent d’Est, masque sur le bateau” nous préviens Fabio. On peut quand même profiter une dernière fois de notre petit déjeuner dehors et gréer nos blocs au sec puis nous partons plonger à la pointe de la galère un site à l’abri mais une navigation sportive, les vagues tapent sur le zod.

Une fois arrivés, comme prévu, nous sommes protégés et dès le début de la plongée nous sommes récompensés du voyage : une grosse raie torpille marbrée “vole” au-dessus de la posidonie (info : le mot torpille n’est pas anodin ces raies peuvent délivrer des décharges allant jusqu’à 45V donc ON NE TOUCHE PAS). Ensuite c’est presque du classique pour nous : mérous, corbs, gorgones, œufs de roussettes, dentis, sérioles on profite et on en prend plein les yeux avant le retour en surface puis au club.
Cette fois nous sommes dans le sens des vagues donc nous sommes un peu plus rapides mais toujours autant éclaboussés. A l’arrivée on démonte et on range sous la pluie puis c’est l’heure du départ.
Au final même deux ans après et avec des nouvelles têtes, les weekend plongées Essor n’ont pas changé et surtout ils passent toujours trop vite.

Voilà le moment pour moi d’arrêter la corvée pas si désagréable finalement (j’espère surtout que c’est agréable à lire pour vous) et de passer aux remerciements donc :

Merci à Coline notre brillante organisatrice ainsi qu’à Yannick pour son aide précieuse dans cette quête. Ce superbe week-end, riche en nouveautés et en initiatives — nouveaux organisateurs, nouveau club, nouveau camping, nouveaux restos — est, de l’avis général, une grande réussite ! Bravo et merci, la soirée pizza a été particulièrement appréciée.

Merci à Vincent notre vaillant et patient DP à tout épreuve même au fameux “Ah non mais je voudrais plonger avec [insérer nom] moi demain” à 21h synonyme d’un remaniement des palanqués dans le bungalow à 22h. Bonus personnel : merci à Vincent qui a été mon chauffeur du weekend et également généreux prêteur de phare.

Merci à Bruno notre fabuleux responsable apéro, attention, au vu de tes prouesses tu risques d’être “renommé” à ce poste ! Je n’oublie pas Stéphane qui nous a apporté du bon rosé.

Enfin merci à tous les plongeurs présents pour votre bonne humeur qui ont fait de ce weekend un moment mémorable et agréable pour tous.

Vidéo du weekend : https://youtu.be/Euz6EysGA-8

Crédit photos : Laurent, Fabrice, Yannick et moi-même.

Clotilde